Inca Trail

le

Trek au Machu Picchu

Notre trio n’a malheureusement pas pu se rendre au départ du trek au complet à cause de la maladie d’Emma, vous l’aurez compris.. Le budget du trek étant assez considérable, Delphine et moi avons décidé, avec la bénédiction d’Emma, de partir quand même et de la retrouver au Machu Picchu le 4ème jour.

Le mercredi soir, nous nous sommes rendues à l’agence pour une séance d’information. Nous avons rencontré nos futures camarades de marche, un couple d’allemand et deux jeunes hollandaises puis notre guide, Juan Carlos. Nous parlons de l’ascension qui nous attend et du matériel dont nous avons besoin. J’ai une grosse boule au ventre, comme avant mon examen de maturité de maths, (sans exagération aucune) mais le stress se dissipe au fur et à mesure des explications. Le guide nous met en confiance et nous dit qu’il faut que nous commencions le trek dans les meilleures conditions possibles, c’est à dire avec le sourire et une attitude positive.

Le lendemain matin, réveil à 5h30. L’équipe du trek doit venir nous chercher à 6h00 à l’auberge. Nous sommes fin prêtes. Même un peu trop prêtes, parce que nous avons loué bâtons de marche, pantalons de pluie, sacs de couchage et matelas alors que la moitié du matériel est fourni par l’agence, détail qui n’avait pas été précisé dans les mails reçus avant le départ. Nous laissons donc la moitié du matériel loué derrière nous. (nous n’allons quand même pas nous trimballer 3 kilos de plus pour rien!)

Un homme sonne à la porte de l’auberge et on hésite à le suivre pendant quelques secondes : le guide nous avait précisé la veille qu’il ne fallait suivre personne mis à part lui. Mais bon, le bonhomme a l’air gentil et il a effectivement la liste de tous les participants où figurent nos noms. Nous faisons un petit tour de Cusco pour aller récupérer nos camarades. Il y a Annie et Luca, les hollandaises de deux ans nos aînées, et Patricia et Bernhardt, le couple d’allemands un peu froid mais en réalité assez sympa et drôle. Un couple de Brésiliens est également présent. Il est avec un autre guide mais on nous explique que les deux équipes vont se suivre pendant les 4 jours. Nous aurons donc deux guides avec nous : JC et Arturo.

Après environ deux heures de route, nous nous arrêtons dans un petit restaurant où nous prenons notre petit déjeuner. Nous profitons de cette halte pour aller nous acheter des panchos imperméables sans mesurer à quel point ils vont nous être utiles… encore une heure de route et nous arrivons au point de départ de la marche. Nous réunissons nos affaires sur un grand carré de plastique : c’est le moment de les confier aux porteurs. Nous avons bien calculé notre coup, nos affaires ne dépassent les 7 kilos. Au delà de ce poids, il faudrait reprendre le surplus et le porter nous-mêmes. Nous comprenons vite la chance que l’on a d’avoir les épaules si peu chargées : nos porteurs portent jusqu’à 30 kilos! Et ils vont marcher trois fois plus vite que nous durant tout le trek.

Nous commençons à marcher vers 10h. Le premier jour n’est pas un très gros challenge. Nous allons avoir quelques petites montées mais le plus gros du trajet est relativement plat. Nous nous arrêtons vers 13h pour manger. Nous mangeons sous une grande tente, assis à une table et les plats qu’on nous apporte sont délicieux! Il y en a pour tous les goûts, nous sommes assez surprises. Nous recommençons ensuite à marcher. Nous nous rendons vite compte des allures des uns et des autres. Suivant la pente, nous nous séparons en deux ou trois groupes. Luca, Annie et Delphine sont toujours devant. Parfois je les suis, parfois je marche seule un peu derrière. Les allemands et les brésiliens sont toujours 45 minutes voire une heure en arrière. Petite victoire pour moi, je suis bien contente de ne pas être la dernière! Le soir nous arrivons au campement. Grand luxe, les tentes sont déjà montées et nous n’avons plus qu’à nous installer. Vers 17h30, nous avons un rendez-vous avec tous nos camarades et les guides pour la « Happy time » qui consiste en une sorte de gros goûter juste avant le repas, allez chercher la logique. Mais bon c’est très sympa, on discute tous ensemble et c’est l’occasion d’apprendre à se connaître. L’extinction des feux est prévue entre 19h30 et 20h, pour notre plus grand bonheur à Delphine et à moi!

Le lendemain, nous nous réveillons à 5h du matin. Nous devons partir vers 6h. C’est le deuxième jour, celui où l’on va faire 1250 mètres de dénivelé. Personne n’a le même rythme que moi alors je marche seule durant presque toute la journée. Les porteurs très chargés nous dépassent chacun leur tour, nous sommes tous impressionnés. Il pleut énormément et j’abandonne l’idée de garder ma capuche sur la tête : je suis trempée de toute façon. Nous arrivons enfin au dead woman’s pass, à 4215 mètres d’altitude. La pluie s’arrête enfin. À partir d’ici, il nous reste environ 2 heures de descente jusqu’au campement. Le plus dur est derrière nous. Nous y arrivons finalement. Il s’agit d’un campement qui regroupe les équipes de différentes agences de Cusco. Il y a des dizaines de tentes et un petit bâtiment dans lequel se trouvent les toilettes et la douche. Annie et moi décidons d’aller nous doucher. L’eau est gelée mais nous sommes contentes de nous sentir propres! Nous passons la soirée de la même manière que la veille et allons dormir tôt. Les 8 heures de marche et l’attitude nous ont fatiguées.

Le soleil se lève sur le campement au matin du 3ème jour. Nous nous préparons, prenons le petit déjeuner et partons rapidement. La matinée de marche n’est pas vraiment une « piece of cake » comme nous avons aimé le dire pour nous motiver pendant les deux premiers jours! Ca monte, ca monte! L’après-midi, c’est l’inverse. Nous descendons pendant deux heures et demi. Il pleut énormément et nous sommes trempées. Nous arrivons au campement le soir et nous installons. Nous n’avons qu’une envie : aller nous coucher rapidement. Le lendemain nous devons nous lever à 3h. Les porteurs devront ranger les tentes et tout le campement avant de descendre à la station de train la plus proche et rentrer chez eux pour repartir en trek le lendemain s’ils en ont l’occasion.

Le réveil pique.. surtout sachant que nous allons devoir attendre pendant 2 heures devant un portail. Derrière ce portail se trouve le chemin qui mène au sungate, point depuis lequel nous allons pouvoir découvrir le site du Machu Picchu. (si le temps est clément)

Nous attendons puis viens le moment où nous pouvons commencer à marcher. Alléluia, nous commencions à geler! Une heure plus tard nous arrivons au sungate, tous fatigués mais fières de nous. Nous sommes super chanceux parce que le ciel se dégage 5 minutes après notre arrivée pour nous permettre de voir le Machu! Nous avons atteint notre but après trois jours de marche assez intenses et ca en valait la peine! Je suis vraiment fatiguée et émue et très étonnant de ma part, (alerte ironie) je me mets à pleurer.

Nous descendons sur le site pour faire des photos et nous devons enchaîner avec la visite, mais je regarde d’abord si j’ai du réseau pour voir si Emma a essayé de nous contacter. J’ai bien reçu un message de sa part, elle est sur le site et nous allons pouvoir la retrouver. Quand nous l’apercevons je me remets à pleurer. (sinon ce serait pas drôle) Nous visitons le site et bientôt nous redescendons à Aguas Calientes pour y prendre le train qui nous ramènera à Cusco.

Bilan de ces 4 jours : nous avons rencontré des gens adorables, vu des paysages magnifiques malgré les nuages et j’ai réussi à ne pas marcher 8 kilomètres derrière les autres! Amen

Fanny

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Avatar de Papa Walther Papa Walther dit :

    Enfin un récit détaillé et plein de vie de l’Inca Trail. Bravo Fanny et Delphine: vous avez (vraiment) mouillé votre chemise !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire